Le joyau du ciel d’hiver : la Nébuleuse d’Orion

Publié le par yvaton

La nébuleuse d'Orion, aussi connue sous le nom de M42 ou NGC 1976, est une nébuleuse en émission/réflexion située au cœur de la constellation d'Orion.

Elle fut découverte en 1610 par Nicolas-Claude Fabri de Peiresc qui fut apparemment le premier à remarquer son aspect nébuleux , bien que Ptolémée, Tycho Brahe et Johann Bayer identifiaient les étoiles de son centre comme une seule grosse étoile et Galilée avait détecté un certain nombre de petites étoiles lorsqu'il observa cette région avec sa lunette astronomique peu de temps auparavant.

C'est la nébuleuse diffuse la plus brillante du ciel boréa : elle est visible à l'œil nu dans un ciel nocturne sans pollution lumineuse et peut être facilement vue avec une simple paire de jumelles. Elle couvre dans le ciel une zone de 66 × 60 minutes d'arc ; c'est-à-dire quatre fois plus que la Pleine Lune.

La nébuleuse d'Orion est la partie principale d'un nuage de gaz et de poussières appelé le Nuage d'Orion. Ce nuage s'étend sur près de la moitié de la constellation et contient aussi la Boucle de Barnard et la célèbre nébuleuse de la Tête de Cheval.

La nébuleuse par elle-même a une taille d'environ 33 années-lumière et se trouve à environ 1 500 années-lumière de la Terre. Elle contient un amas ouvert très jeune contenant de nombreuses étoiles.

Elle abrite en son sein une énorme bulle de gaz très ténu, d'une température de 2 millions de degrés. C'est ce qu'a découvert une équipe internationale menée par des chercheurs suisses et du Laboratoire d'Astrophysique de Grenoble (CNRS/Université Joseph- Fourier, Observatoire de Sciences de l'Univers de Grenoble) grâce au satellite européen XMM-Newton. Cette température est tellement élevée que le gaz émet non pas dans le domaine visible, mais dans celui des rayons X, domaine d'investigation du satellite XMM, lancé par l'Agence spatiale européenne en 1999. Ces résultats sont publiés en ligne le 30 novembre 2007 sur Science Express.


Orion dessin

Carte issue de Stellarium


M42 est l'un des objets les plus faciles à observer l’hiver. Dans la constellation d'Orion, il est situé dans le « baudrier », juste en dessous de la « ceinture ». La ceinture se repère facilement car elle est formée de 3 étoiles très serrées et alignées. Le baudrier ressemble à une larme tombant vers l'horizon. En pointant un télescope, une lunette ou encore une bonne paire de jumelles, la nébuleuse apparaît. Un faible grossissement (entre 30 et 60 fois) permet de l'observer dans son ensemble. Un grossissement plus important, de l'ordre de 100 à 200 fois permet d'observer les étoiles qui la composent, notamment quatre qui forment l'amas du Trapèze.

Situation CDC M42 et 43

Carte issue de Carte du Ciel de Patrick Chevalley

C'est un véritable plaisir pour les astronomes amateurs, car elle est facile à trouver et révèle beaucoup de détails même dans des instruments de faible diamètre. Avec un télescope de 114 mm de diamètre elle a la forme d'un « oiseau ». On peut voir une tâche blanche diffuse avec des formes, et une sorte d'ombre au centre. Avec un télescope de 200 mm elle apparaît vraiment très brillante, et un grossissement important donne réellement l'impression « d'être dedans ». De bonnes conditions atmosphériques laissent parfois deviner les couleurs de la nébuleuse. De par sa magnitude favorable, elle permet également d'utiliser des filtres améliorant le contraste (OIII ou UHC par exemple) et de distinguer plus de détails.

Source Wikipédia.

 

Matériel utilisé pour l'observation :

Télescope Newton 150x750 optimisé photo sur monture Sirius pilotée avec Ascom/EQMOD.

Webcam SC3 à capteur N et B 1/3 de pouce.

Autoguidage  Guidemaster avec lunette apo Orion 80ED et webcam SPC 900 SC2.

PC portables Toshiba et Dell.


* * * * *

Première nuit correcte pour l’observation depuis plus quasiment deux mois…J’avais décidé de faire des essais avec le réducteur de focale et la SC3, mais il y a encore eu un problème : je n’ai pas encore réussi une mise au point correcte avec le Newton 150x750, manque encore quelques millimètres de débattement avec le porte-oculaire à serrage annulaire (récupéré sur l’équipement de ma lunette 80ED) … Affaire résolue le lendemain quand j’ai retrouvé le réducteur 31,75/50,8 livré avec le télescope, beaucoup moins épais et que je n’avais pas retenu en ce temps là, car il était moins pratique. En effet, le serrage de l’oculaire ou de l’adaptateur ne se fait pas par vis, mais à force (il est en effet fendu sur toute sa longueur et le serrage se fait par l’élasticité du métal), donc il faut bientôt un extracteur pour changer d’oculaire !!! Il sera donc dédié à l’adaptateur conçu pour le réducteur, et j’utiliserais celui à serrage annulaire pour les autres configurations (oculaire, barlow, webcam).


P1150031

On peut voir sur cette photo les deux réducteurs 31,75/50,8 : je gagne presque 7mm avec le réducteur refendu.


Donc, j’ai dû faire ma séance photo sans ce réducteur, ce qui fait que les objets choisis sont un peu trop étendus pour le capteur de la webcam, et il était trop tard pour commencer à refaire un tri de ceux qui pouvaient rentrer dans la boîte… Mais je ne suis pas trop mécontent des résultats, ça aurait pu être pire.

J’ai en même temps essayé cette nuit-là le pilotage à distance de la monture ainsi que les réglages de prises de vue à partir de ma cave, où la température est quand même plus agréable que celle de l’extérieur. Les résultats de ces essais et les conclusions feront l’objet d’un autre article, car celui-ci est déjà assez copieux comme cela…

La mise en station du télescope faite, j’ai envoyé la monture sur Bételgeuse pour commencer, sur laquelle j’ai dégrossi la mise au point de la webcam, puis j’ai procédé à un GO TO sur Alnitak, que j’ai recentrée sur l’écran et enfin direction M42.

Orion CDC grandCarte issue de Carte du Ciel de Patrick Chevalley


Pointage de la lunette-guide 80ED sur une étoile correcte grâce aux anneaux de guidage, mise au point de cette étoile avec la SPC900  sur l’écran du deuxième PC (après avoir ouvert Guidemaster), et j’ai lancé la calibration (10s chaque sur les directions NSEO). Tout ceci en étant à l’extérieur, car la mise en station, la mise au point sur les deux webcams et le pointage de l’étoile guide le demandaient. Je pouvais maintenant rentrer au chaud et descendre à la cave pour voir si tout allait bien : j’avais bien les deux écrans des PC portables du dehors sur le moniteur de mon PC Cave grâce à UltraVNC, donc il ne restait plus qu’à planifier les prises de vue.

J’ai ainsi commencé par quelques images de M42 au 1/25ème de seconde (donc la vitesse la moins rapide de la webcam sans enclencher de longue pose) : ceci aller me permettre de n’avoir que les étoiles les plus brillantes de cette région du ciel, en particulier le Trapèze, qui est au cœur de la nébuleuse. Habituellement ces étoiles sont  quasi invisibles sur une photo de la nébuleuse au dessus de quelques secondes de pose, tellement celle-ci en « jette » !!!

Résultat A de la compilation d’une trentaine d’images au 1/25ème avec Registax V5 :

M42 A un 25ème registax

Puis j’ai augmenté progressivement le temps de pose pour faire des séries d’environ 100 images pour chaque, sauf pour la dernière série de 30s, où il n’y en a que 50.

Résultat B de 100 images à 2 s de pose, traitement Registax V5, on distingue encore les 4 étoiles du Trapèze :

M42 B 2 s registax


Résultat C de 100 images à 5 s de pose, traitement Registax V5, on ne distingue plus les étoiles du Trapèze, noyées dans la nébuleuse  :

M42 C 5s Registax

Résultat D de 100 images à 10 s de pose, traitement Registax V5  :

m42 D 10s registax Iris log

Résultat E de 50 images à 30 s de pose, traitement Registax V5  :

M42 E trente s-registax essai 1

J’ai ensuite traité les 4 images résultantes avec the Gimp, par la méthode des calques (un sacré casse-tête pour moi  qui n’est pas un habitué de ce logiciel !!!) :

A + B :

M42 A B registax 2 s

(A + B) + C :

M42 ABC registax 5 s

(A + B + C ) + D :

M42 ABCD 10s registax

(A + B + C + D) + E :

M42 ABCDE registax 30 s

On voit donc encore le Trapèze même sur le dernier résultat à 30s, chose qu’on ne pouvait pas voir avant sur les résultats C à E, tant l’image était saturée à leur niveau.

Et ici en négatif, où on distingue encore mieux les nébulosités et les étoiles :

M42 négatif résultat empilage ABCD PSP7

Une animation gif de ces quatre images en boucle en suivant ce LIEN.


Un autre résultat, mais avec Deepskystacker et Iris :

M42 trente s-OK essai DSS Iris masque flou finesse up pb g

Et une photo prise avec mon EOS 300D l'année dernière pour comparaison de taille de capteur :

M42, la nébuleuse d'Orion


Après M42, j’ai pointé M43, juste au dessus de M42, pour faire aussi une série d’images à 30s de pose, puis direction NGC 2175, toujours dans Orion, avec des poses de 90s. Ces deux objets seront le sujet de prochains articles, de même que les essais de mosaïque rassemblant M42 et M43.



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