C.R.O.A du 19 Août 2009 : M11, M16 et M31

Publié le par yvaton

Après une chaude journée (35° et des poussières), l’astronome amateur que je suis fut bien content que la nuit soit arrivée avec un peu de fraîcheur et surtout un ciel correct (4/4 à 4/5 de seeing astro d’après Météoblue). J’avais remonté le télescope 150x750 sur la monture Sirius à la place de la lunette 80ED, avec la lunette de 80x400 Orion pour l’autoguidage. Pendant l’après-midi, j’avais refait  un raccord costaud en diamètre 31,75 mm pour la SC3. La température dans ma cave qui me sert d’atelier étant d’environ 20°, j’étais là fin bien à bricoler tout en écoutant la radio de nos amis belges Classic 21.

 

 

L'ancien raccord, trop long pour réussir la mise au point avec le réducteur de focale. C'est celui-là que l'on m'a recoupé mais trop court !

En plus le montage a cassé au niveau du collage, quand je l'ai serré dans le porte-oculaire...






J’ai donc bricolé un raccord 42 astro/31,75 en récupérant la partie en 42 de l’ancien     raccord (en alu) dont j’ai agrandi le trou pour pouvoir y enfoncer à force (avec massette et cale de bois) le coulant 31,75 (côté partie filetage extérieur) d’un vieil oculaire  HS, et le tout collé à la résine. C’était pas prêt de se barrer !



Et comme j’étais bien au frais, j’en ai même profité pour faire un deuxième raccord, mais cette fois M42 vissé et collé sur une bague porte-oculaire 50,8/31,75. Je pouvais maintenant installer la webcam SC3 munie de son réducteur de focale sur le télescope ou la lunette (avec ou sans flip-mirror) sans qu’il me manque, comme avant, quelques millimètres pour arriver à la mise au point  correcte.



Tel que j’avais ce dernier raccord, je pouvais même faire varier la réduction de focale en faisant coulisser le réducteur dans la partie 31,75 femelle et la bloquer avec deux vis moletées. Ici on voit le raccord "normal" sur la webcam et le raccord 50,8/M42. A côté il y a le montage coulissant formé par le réducteur de focale, le filtre LPR et le morceau récupéré sur le raccord foireux, que je met ou enlève selon ce que je désire comme réduction au niveau focale.


Ceci terminé il ne me restait plus qu’à jeter un coup d’œil en début de soirée sur Carte du Ciel pour voir où je pouvais pointer mon aspirateur à photons…  Résultat : j’allais essayer de rajouter à mon tableau de chasse deux objets Messier que je n’avais jamais faits : M16 et M11. M16 en premier, comme elle est située un peu plus bas, il fallait donc que je me débrouille pour faire assez de poses de 60s avant qu’elle ne rentre dans les lumières parasites du centre-ville et de la collégiale éclairée « a giorno ». Après, si tout se passe bien, direction M11, un petit peu plus au dessus, mais avec des poses de 30s. Donc j’ai installé la SC3 plus le réducteur de focale webcam (x0,5), et j’ai utilisé l’autoguidage pour les deux. Il était pas loin de 2H00 du matin quand j’ai terminé les acquisitions sur ces deux objets avec Astrosnap, et comme le ciel était limpide et la température bien agréable, j’ai enlevé la SC3 et j’ai mis l’APN EOS 300D défiltré à la place pour faire M31. C'est là que je me suis aperçu que j'avais oublié de mettre l'alimentation 12V du ventilateur de la webcam, donc les darks n'allaient pas être fameux : encore une c...... à mettre à mon actif ! M'enfin, passons à la suite ...

La grande galaxie d’Andromède tient à peine en biais dans le champ de l’APN avec le télescope, donc la visée s’est avérée laborieuse, mais avec APNFocus et le joystick de pilotage, j’ai réussi à la faire rentrer quand même (bien qu’il manque un peu de champ pour avoir toutes les extensions : faudra bientôt faire une mosaïque pour l’avoir en entier !). Là, j’ai pu faire une série de 20x90s et 5x120s, pour ne pas « cramer » le cœur de la galaxie (ce que j’avais malheureusement fait sur mes précédents essais). On approchait des 4h00 du matin et j’ai vu que M45 (l’amas ouvert des Pléiades) était déjà bien visible du côté Sud/Est, j’ai donc tenté de la mettre une nouvelle fois dans la « boite », mais, comme d’habitude, la scoumoune s’en ait mêlé : je n’ai réussi qu’une pose correcte de 180s, après les nuages d’altitude sont arrivés, l’étoile guide n’arrêtait pas de disparaître et de réapparaître, bref je me suis acharné, mais j’ai rien fait de bon… Décidément, à chaque fois que je veux faire M45, il y a quelque chose qui foire !

Me restait plus qu’à remballer le matos et mettre la viande dans le torchon : il était déjà 5h15 du matin et le jour n’allait pas tarder à poindre…

 

Les résultats, quand même, de cette nuit avec des renseignements sur chaque objet et des cartes pour les situer :
D'abord M16, amas ouvert et nébuleuse de l'Aigle : 64 poses de 60s, webcam SC3 avec réducteur de focale, gain de la webcam 83 (j'ai oublié de le baisser, une c..... de plus à mon actif !), 5  darks, 5 flats, 5 offsets, prétraitement et traitement Iris (Log, DDP, retrait du gradient, gaussien 1.00) :

M16 (NGC 6611)

Constellation : SERPENT (Serpens/SER)

Magnitude : 6,4 - Taille : 7'


 

 

M16, situé dans la queue du Serpent (Serpens cauda), est un amas ouvert d'étoiles enveloppé d'une nébuleuse : la nébuleuse de l'Aigle (Eagle Nebula). L'amas M16 (NGC 6611) a été découvert par Philippe Loys de Chéseaux en 1745-6 et la nébuleuse IC 4703 par Charles Messier en 1764.

L'amas est constitué de jeunes étoiles bleues de type O et B qui sont nées de la nébuleuse de l'Aigle et qui ionisent le gaz de cette même nébuleuse, ce qui ne manque pas de lui donner une teinte caractéristique dans les gros télescopes. Des étoiles sont d'ailleurs encore en cours de formation. La région centrale de la nébuleuse montre une belle architecture en colonnes, appelées « Piliers de la création » (Pillars of Creation) depuis leur redécouverte par le télescope spatial ; dans ces piliers de gaz de l'ordre de trois années-lumière de long naissent les étoiles de l'amas, d'où leur nom. M16 nous est distant de 5 500 à 7 000 années-lumière selon les sources.

 

Bien entendu, je n'ai pas pu faire ces 64 poses sans qu'un satellite vienne pointer le bout de son nez, le voici sur une brute qui n'a pas servi au compositage :


 

Et maintenant l'amas ouvert M11 (qui n'est même pas loin de l'amas globulaire, tant il est riche en étoiles !). 64 poses de 30s, webcam SC3 avec réducteur de focale, prétraitement Deepskystacker, traitement Iris (Log, DDP, retrait du gradient, gaussien de 1.00) :


 

M11 (NGC 6705)

Constellation : ECU DE SOBIESKI (Scutum/SCT)

Magnitude : 5,8 - Taille : 14'

 



L'amas du Canard Sauvage (Wild Duck Cluster) est l'amas ouvert le plus riche du catalogue Messier: il contiendrait environ 3000 étoiles. Il fut découvert par Gottfried Kirch en 1681 et résolu en étoiles par William Derham vers 1733.

La distance de l'amas est d'environ 6 000 années-lumière ; son diamètre apparent varie du simple au double selon les estimations. L'amas est très dense : la distance moyenne de ses étoiles est de seulement une année-lumière. Cette densité permet de lui attribuer le type I,2,r. La population d'étoiles de l'amas, qui contient quelques géantes jaunes très lumineuses, indique un âge de 220 millions d'années. L'étoile la plus brillante de l'amas a une magnitude de 8,5.

 

 

Et enfin la galaxie d'Andromède M31, et ses deux petites copines M32 et M110,Canon EOS 300D défiltré, correcteur de coma Baader, 20 poses de 90s et 5 poses de 120s, prétraitement Deepskystacker, traitement Iris (Log, DDP, retrait du gradient, gaussien 1.00) :


 

 

M31 (NGC 224)

Constellation : ANDROMEDE (Andromeda/AND)

Magnitude : 3,4 – Taille : 178’x 63’

 


La fameuse Galaxie d'Andromède, notre plus proche grande voisine, qui forme le Groupe Local de galaxies, avec ses compagnons (comprenant M32 et M110, deux brillantes naines elliptiques), notre Voie Lactée et ses propres compagnons, M33 et plusieurs autres.

La galaxie d’Andromède est l’un des rares corps célestes situés à l’extérieur de notre propre galaxie pouvant être vu à l’œil nu dans des conditions lumineuses et climatiques favorables. C’est également un des objets les plus étendus de la voûte céleste. Son diamètre apparent s’étend autant que cinq Pleines Lunes.

Dans des conditions "normales" d'observation, les dimensions apparentes visibles de la Galaxie d'Andromède sont d'environ 3x1 degrés (notre valeur plus précise, donnée ci-dessus, est de 178x63 minutes d'arc et, de son côté, le NED indique 190x60). De soigneuses estimations de son diamètre angulaire, obtenues avec des jumelles de 50mm, par l'astronome français Robert Jonckhere en 1952-1953, aboutissent à un développement en degrés de 5,2x1,1 (rapporté par Mallas), correspondant à un disque de plus de 250 000 années-lumière à une distance de 2,9 million AL, de sorte que cette galaxie est environ deux fois plus large que notre Voie Lactée ! L'estimation de sa masse est de 300 à 400 milliards de fois celle du Soleil. Comparé aux dernières estimations concernant la Voie Lactée, cela est considérablement moins que la masse de notre galaxie, impliquant que celle-ci doit être beaucoup plus dense que M31.

 

Et encore un satellite sur une brute qui n'a pas été compositée, on la voit à peine : c'est peut-être la caisse à outil d'ISS !!!!



  On peut ici voir ce que donne le défiltrage de l'EOS : une sensibilité beaucoup plus forte dans le rouge et l'infra-rouge.

 

J'ai refait un essai de traitement complet rien qu'avec Iris, car le résultat Deepskystacker + Iris ne me satisfaisait pas, surtout au niveau des couleurs...

Je n'ai pas utilisé la balance des blancs du menu Visualisation d'Iris, mais par contre j'ai coché "Balance des blancs du fond" dans "Retrait du gradient (estimateur polynomial)" du menu Traitement, en utilisant les deux valeurs moyennes. Une DDP un peu plus forte au niveau intensité et un flou gaussien de 1.20. Esthétiquement, elle me parait beaucoup plus belle.... Qu'en pensez-vous ?



 

 

 

 

Sources :

  • Cartes : Tri-Atlas
  • Textes : Wikipédia et OBSPM



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