C.R.O.A DU 23 JUIN 2009 (M27, NGC6830, M57, M52, NGC7635 à la SC3)

Publié le par yvaton

Première nuit correcte depuis le 29 mai pour l’observation… C’est pas trop tôt !

Météoblue me dit que cette nuit devrait être sans nuages, avec un seeing de 4 pour le premier indice et de 2 pour le deuxième. C’est pas phénoménal (c’est le même seeing que le 29 mai), il y a beaucoup mieux, mais ça pourrait être pire dans ch’Nord !

J’ai déjà regardé sur Carte du Ciel courant d’après-midi où je pourrais aller promener mon tuyau à photons : sont donc prévus M27, M57 et NGC7635 et peut-être d’autres objets si possibilité, mais ne vendons pas la peau de l’ours … Car il ne faut pas rêver : c’est souvent quand on prévoit tout ce qu’on va faire pendant la nuit que la scoumoune s’y met… Il m’est déjà arrivé de faire une nuit « blanche » dans tous les sens du terme : pas de sommeil et pas ou plutôt peu de photos potables suite à des problèmes d’autoguidage, de webcam plantée, d’une soudure qui lâche dans un cordon d’alimentation, et en supplément le joystick sans fil qui merdoie … Et tout çà sur la même nuit : faut le faire !!!! Enfin, cette nuit a été correcte, sans trop de problèmes, et j’ai pu faire ce que j’avais prévu, plus quelques bricoles…

 

 

Donc, passons au matos utilisé :

Télescope 150x750 optimisé photo, à miroir ventilé à la « Hama »,

Monture Sirius EQ.G pilotée ASCOM/EQMOD par Carte du Ciel sur pied fixe,

Lunette Orion 80x400 pour l’autoguidage avec une webcam SPC900 modifiée S.C montée sur un petit flip-mirror de construction perso,

Imageur : la webcam SPC900 S.C 3 à capteur N et B 1/3 de pouce mode RAW,

PC portable Toshiba pour le pilotage de la monture avec Carte du Ciel,

PC portable Dell pour l’acquisition des images avec Astrosnap.



Il fait encore jour, j’en profite pour « caler » les deux instruments (imageur et autoguidage) ainsi que leurs chercheurs respectifs sur un poteau EDF à 100m de là.

Le triangle d’été commence à apparaître (Altaïr, Véga, Deneb) et je peux voir aussi Arcturus qui va me servir à l’alignement de la monture.

Celle-ci est en position de mise en station, pointée sur le pôle nord céleste, je choisis le mode 1 étoile d’EQMOD et Arcturus sur Carte du Ciel  et hop ! GO TO vers l’objet sélectionné. La monture m’y conduit sans problème, je recale Arcturus au joystick sans fil dans le chercheur, je démarre Astrosnap, puis la webcam et enfin Webcam Control pour mettre en mode RAW la SC3 par la touche Restore.

La mise au point du télescope étant déjà dégrossie grâce au repère sur le porte-oculaire, je peux voir l’étoile légèrement défocalisée sur l’écran du PC : j’en profite pour la recentrer et faire la mise au point fine avec les aigrettes. Je peux maintenant confirmer à EQMOD que l’alignement est bon.

Je peux maintenant diriger l’instrument vers M27, en prenant quelques étoiles-relais pour être sûr du bon positionnement : faut pas être trop gourmand en pointant M27 directement, et perdre un temps précieux à la chercher parce qu’elle n’est pas dans le champ…

Je choisis donc de passer par Véga de la Lyre, que je recentre avec l’image délivrée par la SC3 et Astrosnap et que je confirme à Carte du Ciel par « Sync sur l’objet sélectionné ».

Seconde étoile-relais Albiréo du Cygne, une étoile double : je la vois distinctement à l’écran avec son compagnon, donc pas de problème, je peux aussi faire une synchro dessus. Maintenant, je voudrais bien pointer définitivement M27, mais la nuit n’est pas encore bien noire et l’objet est très diffus… Je vois sur la carte qu’il y a un petit amas ouvert à côté, NGC 6830, ça serait une belle cible pour commencer la séance photo et je pourrais faire une synchro dessus pour trouver M27 sans problème après…


Plan M27 et NGC 6830

NGC 6830 (source Carte du Ciel) : amas ouvert de la constellation du Renard, magnitude 7,90, dimensions 12 x 12 minutes d’arc.


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Je commence donc par lancer des longues poses de 3 secondes avec Astrosnap pour le centrer grosso modo et je décide que des poses de 7 secondes sans autoguidage devraient être suffisantes, sans saturer le capteur car la nuit n’est pas encore bien noire (il est 23h08).

Ci-dessous 2 brutes de NGC 6830 avec passage de deux satellites pendant les dix minutes qu’a duré cette acquisition : ça commence à être bien encombré là-haut !!!!

 

 

 

Et le résultat des 46 images de NGC 6830, après tri des mauvaises dues à quelques rafales de vent intempestives. Gain de la webcam sur 51, prétraitement Deepskystacker (5 darks, 5 flats, 5 offsets) avec sélection de 90% des meilleures, traitement du résultat Tiff sous Iris : logarithme, retrait du gradient.


 

Et maintenant direction M27, je fais une synchro sur l’amas ouvert et j’envoie la monture vers sa cible : RIEN ! Je me botte les fesses intérieurement : je n’ai pas lancé une longue pose suffisante, ce n’est donc pas étonnant ! Une longue pose de trente secondes me montre qu’elle est bien là, reste plus qu’à la centrer un chouïa et je vais pouvoir essayer de trouver une étoile-guide pour l’autoguidage pas trop loin…

 

Plan de M27, et en rouge, la simulation du champ de la webcam de Carte du ciel.

M27 (source Wikipédia) : Charles Messier a fait sa découverte le 12 juillet 1764, et l'a inscrit au n°27 de son catalogue. Il venait d'observer la toute première nébuleuse planétaire de l'histoire de l'astronomie.Cet objet est particulièrement brillant et possède un diamètre apparent très large, puisque la partie la plus lumineuse atteint 1/5 de celui de la Lune. Sachant que la vitesse d'expansion atteint 6,8 secondes d'arc par siècle, son âge est estimé à 3000 ou 4000 ans. L'étoile centrale (à l'origine de la nébuleuse) a une magnitude apparente de 13,5, ce qui la rend difficilement observable pour un astronome amateur. C'est une naine blanche de couleur bleue très chaude (85 000K). Elle est peut-être accompagnée d'une autre étoile, encore plus faible (magnitude 17), à 6,5 secondes d'arc de distance apparente. La forme particulière de la partie lumineuse a valu à cette nébuleuse le surnom de Nébuleuse de l'Haltère (Dumbbell pour les anglophones qui l'ont ainsi baptisée). On lui connaît également les surnoms de Trognon de pomme, de Sablier (attention à la confusion avec d'autres objets !) voire même de Diabolo.

 

 

* * * * *

 


Démarrage de Guidemaster, je lance la SPC900 de guidage, un petit coup de lumière devant l’objectif de la lunette 80x400 pour être sûr qu’elle est bien démarrée (systématique, car j’ai galéré une fois un quart d’heure à chercher vainement une étoile sur l’écran en bougeant la lunette sur ses anneaux de guidage, en bricolant la mise au point alors que la webcam était plantée !!!). Ca va, je centre une étoile grâce au flip-mirror, je bascule son miroir et je remet 5 millimètres de tirage au porte-oculaire pour avoir une mise au point approximative : j’avais préalablement noté qu’en visuel la mise au point est de seulement 2 mm de tirage du porte oculaire avec le flip-mirror, donc tout juste à la limite avant de retailler le tube optique (!!!), et de 7 mm pour la webcam une fois le miroir basculé.

L’étoile est visible sur l’écran, je la centre à peu près avec les anneaux de guidage, je termine de peaufiner la mise au point, je connecte le télescope à Guidemaster et je lance la calibration. Celle-ci se passe sans problème, je peux maintenant lancer le guidage et les acquisitions. Je décide de commencer par des poses de 60 s (une bonne trentaine) puis je passe à 90s (il m’en restera 18 après tri).


Les résultats : en premier celui des poses de 60s, en deuxième celui des poses de 90s, et en troisième la compilation du tout, soit près de 55 mn de pose en tout, en décomptant les 10% non retenu par DSS.


Gain de la webcam 51, prétraitement Deepskystacker (5 darks, 5 flats, 5 offsets), moyenne pondérée par entropie -itération 5-  pour les images et moyenne pondérée auto-adaptative pour les images maîtres, 90% des meilleures. Traitement Iris : logarithme, DDP, retrait du gradient, masque flou et/ou filtre gaussien.

60s x 32 images

 

90s x 18 images

 

Compilation 60s et 90s (50 images)


Et maintenant, direction M57, la nébuleuse de la Lyre. Je repasse par Albiréo pour confirmer la synchro, puis par Gamma de la Lyre pour re-synchroniser et j’arrive enfin sur M57.


M57 (source Wikipédia) : M57 est parmi les objets les plus connus du catalogue Messier. Elle fut découverte en 1779 par Antoine Darquier de Pellepoix. C'est une nébuleuse planétaire qui ressemble beaucoup à la nébuleuse Hélix, dans la constellation des Poissons. Le diamètre réel de l'anneau est de 1,3 al, soit un diamètre apparent d'environ 2 min d'arc. L'anneau visible (dans le sens émettant de la lumière visible) est composé d'oxygène et d'azote ionisés. Le bord extérieur de l'anneau est quant à lui composé d'hydrogène. La partie sombre à l'intérieur de l'anneau est faite d'hélium, et émet dans l'ultraviolet. L'étoile centrale est une naine blanche un peu plus grosse que notre soleil. C'est une étoile très chaude, puisqu'elle atteint les 100 000 K. Enfin, elle a une magnitude apparente de 15,8. M57 est souvent nommée Nébuleuse de l'Anneau, Nébuleuse de la Lyre ou tout simplement La Lyre, nom qu'elle tire de sa constellation hôte.


* * * * *


Les résultats : 22 images de 60 s, mêmes réglages webcam que pour M27, et même prétraitement et traitement. En premier l’image résultante en format normal, en deuxième l’image de M57 en utilisant la fonction drizzle 3 de Deepskystacker.


Image normale

 


 

Fonction drizzle 3

 


Maintenant, direction M52 dans Cassiopée, à la limite de la constellation de Céphée. C’est là que je viens de décider de faire une petite halte avant d’aller voir NGC 7635, car c’est la proche banlieue (!), il est 1h50 du matin …

 

 

M52 (source Wikipédia) : M52 (ou NGC 7654) est un amas ouvert situé dans la constellation de Cassiopée. Il a été découvert par Charles Messier en 1774, qui l'inclut dans son catalogue le 7 septembre 1774. La distance entre M52 et le système solaire n'est pas connue avec précision : les estimations varient entre 3000 et 7000 années-lumière, principalement à cause de l'atténuation que subit la lumière émise par M52 en passant dans le milieu interstellaire, très dense à cet endroit de la Voie lactée, et surtout dont l'ampleur est difficile à évaluer. Si on prend en compte une valeur moyenne de 5000 années-lumière, compte tenu du diamètre apparent de 13 minutes d'arc, le diamètre réel de l'amas est d'environ 19 années-lumière. L'âge de M52 est estimé à 35 millions d'années.

 

 

* * * * *



Le résultat :  31 images de 20s de pose retenues après tri, pas d’autoguidage (pas pour des poses aussi courtes), prétraitement (5 flats, pas de darks car effet bizarre -anneau-  avec leur utilisation) et empilage 1 zone par Registax, car Deepskystacker me donnait des résultats bizarroïdes (aussi !) avec des traînées de points blancs. Webcam toujours avec 51 de gain.


20s x 31 images

Et pour terminer la soirée d’observation NGC 7635, la nébuleuse de la Bulle, toujours dans Cassiopée. Là, pas de problème pour trouver une étoile-guide : ça pullule !!!!!!

J’ai donc commencé par des poses de 120s, car l’objet est très diffus, puis des poses de 180s, avant de passer à 240s. J’étais même prêt à passer à une pose encore plus conséquente, quand le jour a commencé à pointer et que les dernières poses de 240s (que j’ai éliminées) étaient saturées. Faut être pris pour être appris, donc je m’y prendrai plus tôt la prochaine fois, car j’ai l’intention de refaire une série d’images de NGC 7635 avec des poses beaucoup plus longues et, pourquoi pas, avec le filtre LPR du club astro (on n’a pas encore de H-Alpha, ça sera probablement le futur investissement).



NGC 7635 (source Wikipédia) : Nébuleuse diffuse, magnitude 8,5, diamètre apparent 15’, distance 11300 années-lumière. Non loin de M 52 se trouve une étoile de magnitude 8 qui est entourée d'une bulle de gaz en expansion. Cette nébuleuse résulte de l'expulsion de matière provoquée par la forte pression de radiation de l'étoile. Elle mesure environ 8 années-lumière de diamètre. NGC 7635 a été photographiée avec un luxe de détails grâce au télescope spatial Hubble, mais c'est un objet très difficile à voir. Un télescope d'au moins 200 mm se révèle nécessaire pour espérer deviner une faible coquille gazeuse autour de l'étoile SAO 20575. Mais son propre halo ajouté à celui d'un autre astre, de magnitude 7, situé plus à l'ouest, gêne considérablement l'observation. Mieux vaut disposer d'un instrument de 400 mm ou plus.

 

 

 

* * * * *

 

 

Et bien entendu, un satellite est encore venu polluer mon coin de ciel :


 

Les résultats : toujours le gain webcam à 51, prétraitement de 24 images dont 16 x 120s, 2 x 180s et 6 x 240s avec Deepskystacker (5 darks, 5 flats, 5 offsets) et les mêmes réglages que pour M27 et M57, traitement Iris avec log, DDP, retrait du gradient, et autres … Aussi un essai de drizzle 2 avec Deepskystacker sur la deuxième image …


NGC 7635 normale

 


NGC 7635 avec drizzle 2 de DSS


Et voilà, il est 3h45, on voit le jour poindre côté Est, et j’ai encore le matos à

remballer … Il est déjà 4h20 quand je peux aller me pieuter avec le sentiment d’une nuit pas trop mal remplie et riche en images.


A la prochaine obs !!!!!

Mes liens d’astronomie vers les sites astro les plus fréquemment utilisés, ma Bible en l’occurrence ( !) : ICI



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grelots 28/06/2009 13:28

non je ne pense pas qu'il y ai eu un bug, c'est sur la communauté que je l'ai trouvé...
Merci pour ta participation
Amicalement
JM

grelots 27/06/2009 16:09

Très sympa ce CROA en photo...
Bravo...
JM

yvaton 27/06/2009 20:19


Bonjour,
Je ne retrouve pas cet article dans la communauté, alors qu'il lui était adressé ....
Y aurait-il un bug ?


delaval 25/06/2009 22:33

Jolie comptre rendu !

Les photos sont chouettes

beau travail !

Toujours un plaisir de te lire !

Gilles

yvaton 26/06/2009 16:57


Merci pour les encouragements !
J'essaierais de faire aussi bien la prochaine fois !


delaval 25/06/2009 22:32

Jolie comptre rendu !

Les photos sont chouettes

beau travail !

Toujours un plaisir de te lire !

Gilles